Votre 3 e roman a pour titre Le Donjon.
Il s’agit de la suite de votre 1 er tome 
Les disparues du fief paru en 2009.
Comment s’est déroulé le processus d’écriture ?

Comme pour tous mes ouvrages, je ne rédige pas les chapitres par ordre chronologique de lecture, mais de manière plutôt décousue. Heureusement, je conserve un « fil conducteur », ce qui permet de tout recoudre à la fin ! Je procède ensuite à des coupes de textes sévères, puis à un assemblage final qui fait tenir le roman. Puis viennent les fastidieuses relectures, nécessaires mais chronophages…

Retrouve -t-on les personnages attachants du 1 er roman ?

Bien sûr ! Mais pas tous. J’ai conservé Guillaume et Mathurine, mes deux personnages principaux ainsi que Monnier, le moine franciscain que les lecteurs ont apprécié. L’action se déroule près de Besançon car mes personnages reviennent sur le lieu de l’intrigue du 1er roman, après l’avoir quitté 3 ans auparavant. Ils retrouvent leur village mais tout y a été bouleversé. Suspense garanti !

Doit-on absolument avoir lu le 1 er tome pour comprendre le second ?

Non ! C’est le défi que je me suis donné dès le début. Le lecteur pourra lire dans l’ordre qu’il le souhaite l’un ou l’autre des ouvrages. Pas besoin d’avoir lu le premier pour comprendre le second et inversement ! Cependant, comme il s’agit quand même d’une suite, il est utile d’avoir lu Les disparues du fief pour saisir toutes les nuances des personnages et les subtilités de l’intrigue…

Comment vivez-vous vos personnages ?

Ils sont pour moi réels. Je construis leurs physiques, leurs caractères et leurs projets ! Dès que je les perçois bien, ils me hantent jusqu’à la touche finale. Dans les temps forts de l’écriture d’un livre, ils sont aussi présents dans mon esprit que mes proches ! 
Je me demande des fois, si ce n’est pas eux qui me guident plutôt que moi…

Craignez-vous la page blanche ?

Non, je n’ai pas de souci de ce côté-là ! Par contre, j’endure une autre phobie d’écrivain tout aussi difficile à gérer : le doute. Il me ronge beaucoup plus que la panne. En permanence, je me pose la question suivante : « Ce que tu écris peut-il intéresser le lecteur ? Est-ce bien formulé ? Ce chapitre a-t-il un intérêt, un sens ? Pourquoi écris-tu cela ? » Ces questions sont parfois si obsédantes qu’elles perturbent ma façon d’écrire. Au final, j’espère que c’est profitable à l’intrigue et au plaisir du lecteur !

Les ouvrages d’un auteur ne sont-ils pas des reflets de sa propre personnalité ?

Certainement. Mais je suis toujours étonné que les lecteurs se persuadent que l’auteur soit présent personnellement dans ses romans. Bien entendu, il se sert incontestablement de son expérience, puise dans ses connaissances, son passé et ses convictions. Mais heureusement pour lui, il a aussi de l’imagination ! Le filigrane de l’intrigue d’un roman porte toujours un message à interpréter. En ce qui me concerne, je cherche juste à faire partager des émotions et des ambiances dépaysantes par le biais des mots, ce qui n’est jamais simple…

Quelle est la plus grande joie que vous apportent les lecteurs  ?

D’abord, leur fidélité. Être suivi dans son écriture par des gens qui s’évadent grâce à vos textes et qui en redemandent, c’est extraordinaire !
Puis, par leur sincérité. Pour Reviens muzungu, beaucoup de lecteurs ont cru que Stéphy, l’héroïne, existait vraiment alors qu’il n’en est malheureusement rien… Plus surprenant, certaines lectrices m’ont confié avoir pleuré ! Cela prouve que les émotions transmises par ce personnage sont assez réussies.
Enfin, par leur chaleur. Je suis régulièrement relancé et motivé par les lecteurs pour persévérer et sortir d’autres titres. C’est un formidable outil de motivation qui m’incite à mettre les bouchées doubles !